”Pâtes fraîches” Italiennes 

”Pâtes fraîches” italiennes
Des délices d’Italie pour manger frais, manger sain !

Le flux des investissements étrangers en Tunisie a atteint 565,4 millions
de dinars (MD), à la fin du mois de mars 2018. La répartition sectorielle
des investissements étrangers se rattache au domaine de l’industrie qui
se positionne à la première place, avec un montant de 185,3 MD, celui des
services passe en deuxième position avec 116,2 MD. L’investissement
extérieur dans l’énergie a enregistré, également, une augmentation de
2,1% à 252 MD et le secteur agricole a drainé 5,7MD.
Quel que soit leur domaine d’activité, ils ont choisi la Tunisie. Carlo
PIERASSA, un entrepreneur italien nous raconte son histoire avec la
Tunisie.

_Qui est Mr. Carlo ?
Je m’appelle Carlo Pierassa. Je suis Italien de la région de Pérouse. Depuis
mes débuts, j’ai commencé à travailler dans le domaine de
l’agroalimentaire (27 ans déjà), ma première expérience était au sein d’une
gigantesque coopérative agricole qui comptait plus de cinq mille associés.
On faisait de tout, la production et la transformation des céréales, la
culture animale ainsi que la culture des fruits et légumes. Je me suis
spécialisé dans le domaine de la préparation des salades « prêtes à
manger », qui est un domaine très difficile. Je me suis installé en Tunisie
dans le cadre d’un projet que j’ai lancé avec des associés qui est la culture
des légumes, principalement les courgettes, dans la région du lac d’Ichkel.
Ces légumes étaient destinés à approvisionner les grandes surfaces en
Italie. Après la révolution de 2011, le marché tunisien et celui européen ont
beaucoup changé à cause de la crise économique, du coup la culture des
légumes n’était plus rentable, alors j’ai décidé de changer de cap et j’ai
commencé à travailler dans le domaine de la transformation des céréales et
la production des pâtes.
_Pourquoi avoir opté pour la Tunisie ?
C’était un pur hasard ; je suis venu en Tunisie il y a quelques années dans
un cadre professionnel et j’ai rencontré et fait des échanges avec mes
homologues tunisiens. Quand je suis revenu en Italie, mes associés m’ont
demandé si je connaissais quelqu’un en Tunisie qui s’intéresserait à investir
dans le domaine de la production agricole ; ma réponse a était affirmative.
Donc, je me suis installé en Tunisie pour superviser ce projet. Et pendant 8
années, nous nous sommes focalisés sur l’export des fruits et légumes.

_ Quel regard portez-vous sur la Tunisie ?
Depuis mon arrivé, j’ai remarqué que les Tunisiens sont très amicaux et
bienveillants. Les Tunisiens sont ouverts d’esprits et sincères. Les gens, le
climat et les traditions culinaires de ce pays me rappellent certaines régions
dans le sud de l’Italie, donc je me suis dit que la Tunisie est un champ très
favorable pour commencer un investissement. Sans parler des paysages et
de la culture.

_Que changeriez-vous dans ce pays, qui est le vôtre, d'ailleurs ?
Au niveau personnel, je ne signale rien, mais quand on est un investisseur,
propriétaire d’une PME (Petites et Moyennes Entreprises), on trouve
beaucoup de contraintes dans notre relation avec l’administration publique
à cause de la bureaucratie. Le temps que prennent les simples procédures
administratives est une des choses qui me gênent ici ; d’ailleurs je connais
beaucoup d’amis italiens qui voulaient investir en Tunisie mais la réputation
de l’administration tunisienne les a "chassés" avant même de commencer !
Mais généralement, la vie ici est belle et confortable pour moi.

_Pour rester dans la même optique, quelle est la principale
entrave à l’investissement étranger ?
L’Etat tunisien possède deux organismes en l’occurrence l’API et l’APA, qui
sont assez bien organisés mais qui pourraient devenir plus efficients par un
soutien personnalisé apporté aux petits projets dès l’implantation jusqu’à la
production. Des fois, les complications administratives additionnées à
l’ignorance des lois et des habitudes obligent les petits investisseurs à
l’abandon. Je ne fais pas référence aux multinationales qui trouvent des

privilèges énormes, je parle d'entrepreneurs comme moi, spécifiquement
les Italiens qui sont majoritairement des artisans. Nous avons réellement
besoin d’un tuteur qui nous facilite les choses. Faute de quoi, nous allons
manquer d’enthousiasme et de motivation pour concrétiser nos objectifs.
Cela concerne le domaine des textiles, de l’habillement et des chaussures,
le secteur agroalimentaire, les restaurants etc.

_Comment présenteriez-vous votre produit, en termes de
spécificités et de variété ?
Notre produit est le résultat d’une recherche qui s’est étendue sur une
année et demie. La société a été conçue il y’a trois ans sur mon idée et
grâce à des investisseurs italiens tels que Mme Silvia Rossato et sa famille.
Notre recherche visait à créer un produit égal ou meilleur au produit italien.
Pour cela, nous avons passé une longue période de sélection des
fournisseurs et des matières premières qui répondent aux standards et aux
conditions que nous nous sommes fixés. Notre produit est 100% naturel,
sans additifs, colorants ou produits chimiques. Notre matière première de
base est la semoule de blé dure d’origine tunisienne, qui est meilleure à
celle italienne puisqu’elle est biologique ; à l'instar de la viande et des
fromages que nous sélectionnons avec soin et qui sont tous certifiés. Les
produits que nous importons font défaut à la Tunisie comme le «
Parmigiano » (le Parmesan) et la pomme de terre déshydratée. Nous avons
commencé avec 5 articles, essentiellement  des « raviolis », au fromage, à
la viande, aux épinards, au saumon et au Parmesan ; pour passer aux
« tagliatelles » et aux « gnocchi » (à base de farine de pomme de terre).
Notre produit est très apprécié des hôtels et des restaurants, et nous avons
commencé la grande distribution, l’année dernière, avec les grandes
surfaces et le Catering, avec deux lignes de produits, les produits frais et les
produits congelés (les mêmes produits avec un processus de
conditionnement différent). La période de péremption de nos produits

étant la moitié de la durée de consommation réelle pour avoir la
conscience tranquille (rires). Récemment, nous avons lancé une ligne de
sauces pour accompagner les pâtes. Nous sommes en train de grandir sans
jamais faire de publicité, car nous estimons que la réelle publicité est le
produit en soi !
_ La communauté italienne fait figure des communautés les
mieux intégrées en Tunisie. Pourquoi, d'après vous ?
Je crois que le peuple italien et le peuple tunisien entretiennent des liens
de parenté historiques. Après la deuxième guerre mondiale, beaucoup
d’Italiens ont lancé des projets en Tunisie. A Grombalia et Mornag, par
exemple, où des Italiens ont investi dans la viticulture. D’autres Italiens ont
investi et continuent à investir partout en Tunisie. Inversement, un grand
nombre de Tunisiens vivent en Italie. Les échanges sont donc solides et
constants. Nous avons beaucoup d’affinités même au niveau des paysages.
Quand on arrive d’Italie, on ne se sent jamais dépaysé, et c’est normal ! On
est à 70 km des territoires italiens, l’ile de Pantelleria !

_Quelle est votre journée type, Mr.Carlo ?
Le travail me prend tout mon temps. Malgré que nous ayons stabilisé la
ligne de production, j’estime que nous sommes toujours une startup
sujette aux recherches et au perfectionnement. Je suis toujours à l’usine
puisque j’habite à côté. Sinon le week-end, je fais des promenades sur les
plages d’Hammamet, rien de spécial (rires).

_Nous vous laissons le mot de la fin, Mr.Carlo.

J’espère que notre établissement soit un digne représentant de la
gastronomie et de la culture italienne. Dans le sens où notre produit, qui
est apprécié par le consommateur tunisien, illustre cet échange culturel
tuniso-italien ; le volet culinaire étant indissociable de toute culture. Le
Tunisien fait très attention à ce qu’il mange, il est fin gourmet ! Je souhaite
que le produit « Pâtes Fraiches » soit toujours présent sur le marché ; non
pas uniquement pour des raisons économiques, mais pour perpétrer cette
communion entre nos deux pays, entre nos deux cultures.
Nous vous remercions, Mr. Carlo, pour la bienveillance et la disponibilité.

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