Avempace

Avempace

Deux amis, un rêve, un succès

Haythem Boughzala, Abdelhamid Kerkeni

 

Dans l’espace féérique de l’hôtel Magic Life Africana-Hammamet, nous avons rencontré deux personnes formidables, Haythem Boughzala et Abdelhamid Kerkeni. Deux jeunes tunisiens qui ont cru en leur potentiel et en leur génie pour ériger Avempace, un projet inaugural de leur rêve ultime, transformer le Cap Bon en pôle technologique.

 

 _Commençons par les présentations.

Je m’appelle Haythem Boughzala, je suis le cofondateur de la start-up Avempace, je suis un ingénieur en électronique embarquée. J’ai fait mes études en France dont 9 années à Montpellier. Et après une expérience dans le domaine de l’électronique grand public, j’avais eu l’idée d’Avempace et j’ai décidé de lancer la boite, en 2015 avec Abdelhamid Kerkeni, qui est mon associé. On a, donc, démarré avec l’objectif de créer un champion national dans le domaine de l’Ayoti. Je pense qu’il existe de réelles  opportunité à saisir dans ce domaine. On a cru au potentiel du marché et à “l’explosion” de la connectivité de tout ce qui est objet. Donc on s’est dit, pourquoi ne pas mettre en place des équipes avec un savoir-faire pointu dans ce domaine de l’Ayoti, pour conquérir des marchés là où la majorité des autres boites sont plutôt localisées sur des marchés classiques. Le marché de l’Ayoti a commencé à émerger en 2012-2013. Et en 2015, sa croissance était notable.

 

_ Pouvez-vous nous expliciter le concept que vous avez développé ?

Oui, bien sûr ! Il s’agit de connecter tout objet électronique de notre quotidien. Par exemple, si vous avez à la maison une machine à laver, un lave vaisselle, un frigo, une télévision ou un Smartphone, parmi ces objets que je suis en train de citer il y a le smartphone qui est déjà connecté par définition, tandis que les autres appareils ne sont pas dotés de connectivité, ils remplissent une fonction classique qui n’est pas connectée. Le Trend, c’était  de connecter tout objet pour en recueillir les informations. Cet exemple que je viens de citer pourrait être applicable au bâtiment connecté, à l’usine connectée, dans la chaine de production et il peut être étendu au domaine de l’agriculture. On connecte, également tout ce qui est capteur d’irrigation, électrovanne, système de distribution d’engrais, en alimentation et traçage animal . Tout ça, c’est une cible potentielle pour les objets connectés. Le savoir-faire dans ce domaine est, donc, naissant, c’est pour cela que le majeur nombre des entreprises dans ledit domaine est en phase d’apprentissage. En ce qui concerne Avempace, l’expertise qu’on s’est forgée, que j’ai pu ramener et tendre à l’équipe, on est devenus une référence et une source de solutions technologiques pour beaucoup d’autres sociétés qui fabriquent les produits.

 

_Merci pour ces informations. Nous cédons, à présent, la parole à votre associé.

Je m’appelle Abdelhamid Kerkeni. Je suis ingénieur en génie électrique. Quand j’ai terminé mes études, j’ai travaillé dans un domaine complètement différent de celui-ci. C’était dans l’industrie, une usine de fabrication de vaisselle de table et de poterie. Ensuite, Haythem m’a contacté et m’a proposé de cofonder Avempace et on a commencé. Comme vous a dit Haythem l’objectif était de faire une start-up dans le domaine de l’Ayoti.  Les compétences qu’on a acquises au cours du temps étaient relatives aux applications mobiles, au Cloud, à l’embarqué, etc.

 

_Sachant que tout projet suit une logique empirique, vous aviez un rêve par rapport à Avempace, mais une fois le projet en marche qu’avez-vous rectifié ?

L’idée de départ était de se spécialiser dans tout ce qui est embarqué et système électronique, ensuite on a trouvé que dans ce dispositif, c’est-à-dire tout ce qui est Ayoti, la composante Cloud et mobile est très déterminante. On ne peut pas être acteur dans le domaine de l’Ayoti sans maîtriser parfaitement la partie Cloud donc tout ce qui est  serveur back et front-end . Quand  on a senti le besoin, les deux premières années, on a, tout de suite, commencé à former des équipes. C’est ce qui nous a permis d’être tranchant dans notre domaine. Notre avantage majeur réside dans le fait de couvrir l’ensemble de la chaine des valeurs Ayoti. Au départ, on voulait se focaliser sur l’électronique et le secteur embarqué, mais on a tout de suite vu qu’il fallait être également présent sur le côté Cloud et le côté mobile et ne pas laisser la marge de manœuvres à nos concurrents, en se focalisant sur toute la chaine . Cela nous a demandé un peu plus de travail pour maîtriser tout ça, mais aujourd’hui c’était devenu l’un de nos arguments majeurs. Quant à nos produits, on a développé plusieurs technologies comme la technologie de référence dans le domaine du streaming audio-Bluetooth, et on est actuellement des fournisseurs de technologie pour plusieurs boîtes qui font des casques audio-Bluetooth, grand public haute gamme. Notre technologie est présente, sans citer les marques, dans les produits de plusieurs entreprises françaises prestigieuses qui vendent des systèmes audio-Bluetooth contrôlables à travers des applications Smartphone, avec un portail de radio, puisque nous fournissons le système streaming pour les radios en ligne. Cela concernant la partie Bluetooth et le produit s’appelle(…………….). On a une deuxième technologie sur laquelle on travaille beaucoup qui concerne le bâtiment connecté. Nous avons développé une pile logicielle qui permet de mettre en communication en temps réel, c’est une sorte de Live comme on fait un live sur Facebook, mais là c’est une communication en live entre un portier de villa ou portier de résidence et un utilisateur distant sur son smartphone. Par exemple, si vous êtes en train de faire vos courses et que quelqu’un vient vous rendre visite durant votre absence, il peut vous appeler sur votre smartphone avec le portier qui est à l’entrée de la maison. Vous pouvez lui ouvrir la porte s’il est quelqu’un de confiance. Il s’agit, donc, d’un dispostif de contrôle à distance. Si c’est une résidence, il existe un système de gestion d’accès électronique basé sur la technologie de la RFID. on fait du contrôle d’accès avec la technologie de la RFID ( Radio Frequency Identification) qui vous permet de filtrer les accès  aux appartements, aux résidences et par extensions aux installations sensibles notamment, dans une usine il y a un zone qui nécessite un niveau d’accès et une autre zone nécessitant un autre niveau d’accès. On gère les déplacements et les transitions avec la RFID, mais également avec l’identification de la personne par la vidéo, c’est-à-dire avec des algorithmes d’intelligence artificielle qu’on embarque dans le système, “parlant ainsi on dirait de la science-fiction mais nous, on les matérialise sur terrain”.

 

_Etes-vous plus présents sur le marché local ?

 Pas du tout, on est exportateurs de technologie à haute valeur, et cela s’effectue à un taux avoisinant les 99,9% . Tout ça à partir de notre bureau d’ingénierie à Nabeul qui compte, aujourd’hui, environ  une quinzaine d’ingénieurs tunisiens qui sont à la pointe de ce domaine et qui sont une référence dans ce métier.

 

_De l’actualité, passons à l’avenir ou au “devenir” d’Avempace, quels sont vos projets ?

On est, aujourd’hui, dans une position qui nous permet de viser grand puisque, et dès le départ, l’idée était basée sur l’ambition. On veut être un champion national de l’Ayoti. On ne s’intéresse pas uniquement aux clients finaux des PME ou même les multinationales qui sont une partie de nos clients, mais on veut collaborer avec des entreprises de grande envergure pour qu’ils intègrent nos technologies aux puces qu’ils fabriquent. Quand on parle, aujourd’hui, des sociétés qui vendent un produit, on parle de dizaine de milliers ou de centaine de milliers pour les produits de grande diffusion, mais quand on parle de fabricant de semi-conducteurs, on parle de dizaine ou de centaine de millions de produits par ans. Je peux avancer à titre d’exemple la firme Qualcomm qui équipe tous les smartphones.  Quand on achète un smartphone, il y a forcément une puce Qualcomm dedans. NXP, HUAWEI beaucoup de boites sont très intéressées par des solutions technologiques. Dès lors, notre ambition c’est de tester, valider et amener à maturité nos produits pendant cette phase, et être le vis-à-vis direct des entreprises qui pourraient intégrer nos technologies et les diffuser sur le plan mondial. Parlant de centaines de million, il y a évidemment une royalty par téléphone donc une licence qui est redistribuée pour nous et qui va nous permettre d’équiper avec notre technologie un grand nombre d’appareils qui sont équipés avec ces puces, et donc de réaliser autant de bénéfices que réalise un constructeur de téléphone quand il vend une centaine de millions de puces par an.

 

_Avez- vous avez été assistés par l’état?

On n’a pas été assistés par l’état . On n’est pas, du tout, dans la mentalité d’être assistés mais au contraire, on veut incarner un agent du développement. On a été labellisé par le label Start-up Act en 2019. Ce label nous a permis de bénéficier de quelques avantages. En Tunisie , la bureaucratie et les obstacles administaratifs sont présents. Ils peuvent pénaliser mais ils ne bloquent pas les personnes déterminées et motivées. Le vrai facteur de blocage se rattache à l’idée même quand elle n’est pas installée sur une assisie solide. Actuellement, on est focalisés sur le développement de nos idées, la création et l’innovation. L’intervention de l’Etat peut se situer au niveau de l’instauration d’un climat d’affaires propice à ce que les boites trouvent le chemin pour s’améliorer et se développer. A Nabeul on a besoin d’une technopole, l’Etat peut oeuvrer dans ce sens et pourquoi pas transformer la région du Cap Bon en un réel pôle technologique. 

 

 _Nous nous substituons aux lecteurs pour vous          remercier pour toutes ces informations. Quells conseils pourriez-vous donner aux jeunes tunisiens ?

 Le meilleur conseil, c’est d’OSER ! L’interrogation qui hante les lanceurs de projets se rattache à l’échec de leur entreprise et à sa retabilité. D’après mon humble avis, c’est ce qui bloque les jeunes à expérimenter et à réaliser leurs projets et leurs ambitions. Je leur conseille d’être audacieux, de faire preuve de courage, de confiance et de persévérance, ce sont les clefs pour réussir. Même si on échoue, ce n’est pas la fin du monde parce que l’échec peut être le début de la réussite. Je vais citer l’exemple des dessinateurs de «  Angry Birds » qui ont réalisé une cinquantaine de dessins animés et qui ont tous été un flop, mais grâce à  « Angry Birds » ils ont enregistré un franc succès. Personnellement j’ai lâché une poste en CDI à l’étranger pour lancer mon projet, en Tunisie. A l’étranger on peut avoir une croissance linéaire tandis qu’ici on peut réaliser une croissance exponentielle, malgré les conditions et la situation du pays.Il ne faut jamais être pessimiste, mais au contraire il faut croire en ses compétences et en son potentiel. Le Tunisien est réputé pour sa créativité, son aptitude à entreprendre et sa persévérance. Le Tunisien est compétent et il peut réussir dans tous les domaines. J’espère qu’Avempace soit un exemple pour les jeunes afin de les inciter à entreprendre et à être ambitieux. L’impossible est une pure illusion.

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