AMINE CHERMITI; Une star tunisienne qui a étincelé sur trois continents

AMINE CHERMITI; Une star tunisienne qui a étincelé sur trois continents

AMINE CHERMITI

Le surdoué

Une star tunisienne qui a étincelé sur trois continents

Amine Chermiti, la première star du monde du sport à faire la une de Dcart magazine. Il nous a ouvert les portes de sa maison, à Sousse, mais il nous a, surtout, ouvert son cœur. Accompagné de sa tendre épouse, madame Narjess Turki Chermiti, ils nous ont fait l’honneur d’être nos hôtes le temps d’une interview. Une journée mémorable marquée par les confidences, la nostalgie et la bienveillance. Amine Chermiti, comme vous ne l’avez jamais connu.

Amine Chermiti -PORTRAIT

Amine Chermiti, un footballeur international qui a porté les couleurs de plusieurs clubs nationaux et internationaux, de la JSK (Jeunesse Sportive Kairouanaise, Tunisie), à l’ESS (Etoile Sportive du Sahel, Tunisie), à Hertha BSC (Hertha Berliner Sport-Club, Allemagne), en passant par Al Ittihad FC (Al Ittihad Football Club ou Ittihad Djeddah, Arabie Saoudite), le FC Zurich (Fussball-Club Zurich, Suisse), AC Ajaccio (Athletic Club Ajaccien, France), Al-Arabi SC (Al-Arabi Sporting Club, Kuweit), Al Fayha FC (Al Fyha Football Club, Arabie Saoudite) et Mumbai FC (Mumbai Football Club, Inde). Un parcours impressionnant et glorieux de l’une des stars du football tunisien et africain. Il a marqué l’histoire de la sélection nationale en entrant, à jamais, dans notre mémoire collective comme étant un sportif de haut niveau mais aussi comme un personnage humble et courtois.

Au delà d’Amine Chermiti, le footballeur, Dcart met en lumière les autres facettes ignorées du grand public. Nous vous invitons, alors, à plonger dans l’univers Chemiti et à partager avec nous une belle expérience, une grande émotion !

-Vous avez vécu, grandi et suivi vos études à Kairouan. D’un père architecte et d’une mère institutrice, votre famille voulait que vous deveniez (à l’instar de toutes les familles tunisiennes) architecte ou médecin mais vous avez opté pour le football.

Effectivement! (un large sourire) J’ai emprunté la voie du football malgré les réticences de mes parents, qui ont essayé par tous les moyens de m’en éloigner. Je ne peux compter les raclées que j’ai reçues à cause des parties de foot dans mon quartier.

-Comment a débuté votre longue carrière dans le monde du football ?

-J’ai pratiqué le football, qui est le sport populaire national, dans la place du quartier, comme c’est le cas de tout joueur professionnel; et je suivais les entrainements de la JSK (Jeunesse Sportive Kairouanaise) lorsque le hasard ou la providence sont intervenus pour bouleverser mon existence. Effectivement, l’entraineur de la section junior de la JSK avait divisé l’équipe en deux groupes, dans le cadre d’un match d’application, et il manquait un joueur. Il m’a demandé, alors, de prendre part à la partie et il fut ébloui par mon potentiel car il avait découvert en moi le projet d’un grand joueur. Après l’entrainement, il m’a demandé de rejoindre l’équipe, dès le lendemain. Je ne peux vous décrire ma joie de voir mon rêve prendre forme. Mais, j’appréhendais la réaction de mes parents qui étaient catégoriques dans leur refus de me voir évoluer dans un cadre professionnel. Mon père me disait, souvent:” le football est un métier de délinquants, focalise toi sur tes études, c’est mieux pour toi ! ” (Sachant que j’étais un élève brillant)

J’ai commencé, alors, à m’entrainer secrètement avec la JSK, et durant une année, je me réveillais tôt le matin pour aller étudier, tandis que les après-midis étaient consacrés aux entrainements. L’inévitable se produisit un jour, et mon père prit connaissance de mon secret. Il m’a permis de poursuivre ma carrière sportive à condition de concilier entre le football et les études.

-Votre rendement avec la JSK vous a ouvert les portes de l’ESS (Etoile Sportive du Sahel).

J’étais vraiment doué, et je me suis investi corps et âme avec la JSK dans les jeunes catégories, si bien que j’ai décroché, très jeune, un poste de titulaire avec les séniors. Malheureusement, un incident se produisit causant l’expulsion de toute mon équipe. Seulement et grâce à oncle Hédi, le gardien du stade, je pouvais entrer en cachette pour m’entrainer et j’ai pu préserver ma condition physique. J’ai passé, durant cette période, un test qui n’a pas abouti, avec le Club Africain, en compagnie de Zouhair Dhaouadi. Ce que les gens ignorent, c’est qu’à l’époque j’étais ailier gauche et non pas attaquant. Le hasard est intervenu, encore une fois, et un dirigeant de l’ESS m’a contacté directement pour m’annoncer qu’il projetait de me recruter à l’Etoile Sportive du Sahel.

-L’offre de l’ESS était-elle la plus généreuse ou votre choix avait d’autres motivations ?

J’étais, à vrai dire, très sollicité et l’offre de l’ESS n’était pas la plus élevée. Mais ayant consulté mon père, nous avons estimé que sur le plan sportif l’Etoile du Sahel était l’équipe la plus adéquate pour diverses raisons, certaines sont affectives, puisque je suis un fervent fan de ce club, et d’autres logiques, car l’ESS constituait, alors, un véritable tremplin pour une éventuelle expérience européenne.

-Vous avez été entrainé par un grand nom du football tunisien, Faouzi Benzarti. Quel rôle a t-il joué par rapport à votre carrière ?

Lorsque j’ai rejoint l’équipe espoir de l’ESS, suite à une interruption d’une année sans jouer de matchs, Faouzi Benzarti a eu le mérite de m’avoir encadré et orienté afin que je puisse mettre mes dons et mon potentiel au service de l’équipe. Il m’accordait une attention particulière et assujettissait toute son expérience pour me montrer la voie du vrai professionnalisme. En somme, il a joué un rôle capital par rapport à mon succès et mes performances footballistiques.

-Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez rejoint, pour la première fois, les vestiaires d’une équipe de l’envergure de l’ESS ?

J’étais impressionné de rencontrer des stars que je ne voyais qu’à la télé, Seif Ghzel, Aymen Balbouli, Yassine Chikhaoui et Saber Ben Fraj. La concurrence était énorme dans le poste d’attaquant, notamment avec Emika Opara, mais mon adaptation s’était faite rapidement grâce au soutien des joueurs cadres, malgré mon jeune âge.

-Quel est, d’après vous, le meilleur sélectionneur national avec qui vous avez évolué ?

J’ai côtoyé des noms illustres tels que Faouzi Benzarti, Roger Lemerre et Sami Trabelsi. Ce sont eux qui m’ont le plus marqué durant mon passage dans l’équipe nationale.

-Rater l’événement footballistique majeur: la coupe du monde de football, a t-il eu une incidence négative sur Amine Chermiti ?

C’était le choix des sélectionneurs, et je ne me sens nullement frustré malgré ma grande motivation de prendre part à cette manifestation, et de défendre les couleurs de la Tunisie. C’est le principe de la concurrence ! Un joueur demeure dans une logique d’apprentissage et d’acquisition. Le respect des choix des entraineurs et de l’intérêt de la sélection priment sur toutes les considérations personnelles et les passions.

– La Bundesliga (championnat d’Allemagne) et Hertha Berlin pour un joueur de 19 ans, que peut-on dire de cette expérience ?

Une autre mentalité, une autre philosophie et une autre réalité sportive au niveau des entrainements et des stades. Il vous faut, évidemment, beaucoup de temps pour vous acclimater, sans parler de la blessure que j’ai eu dès le départ, et qui m’avait empêché de réaliser le succès escompté. Cependant, l’épisode allemand était loin d’être un échec puisque j’ai énormément appris sur le plan sportif et humain. L’Homme apprend souvent de ses erreurs.

-Après Hertha Berlin, Amine Chermiti part à la conquête d’Al Ittihad FC en Arabie saoudite.

La confiance est vitale pour pouvoir continuer à jouer au football. J’ai pu retrouver mon rythme et mes moyens en jouant avec la meilleure génération de joueurs de ce grand club appelé “le leader”, en Arabie Saoudite. J’étais bien psychologiquement et physiquement, et j’ai accompli plusieurs réalisations en remportant la coupe du roi et en accédant à la finale de la ligue des champions de l’AFC. Nous étions si près de réaliser un deuxième sacre. C’était, certainement, une expérience réussie qui m’a permis de retrouver les championnats européens par le portail du FC Zurich, en Suisse.

– Qu’est-ce qui a le plus marqué votre passage par le championnat suisse, et est-ce que Yassine Chikhaoui a contribué à faciliter votre intégration ?

Mon passage par FC Zurich était l’épisode le plus important dans l’ensemble de ma carrière. Yassine a tout fait pour que je me sente à l’aise, surtout que c’est quelqu’un qui jouit d’une grande réputation. Le terrain était préparé pour que je me focalise uniquement sur le volet sportif puisque je n’ai fait que renforcer la belle image tracée par Chikhaoui par rapport au sportif de haut niveau sérieux et discipliné. Lors des six années passées en Suisse, je me suis senti comme dans ma famille…une expérience très satisfaisante sur tous les plans. Dieu soit loué ! Je n’ai laissé que de bonnes impressions partout où je suis passé !

-Restant dans le cycle suisse, Yasssine Chikhaoui était-il, en quelque sorte, derrière votre recrutement par le club suisse ?

Je n’étais pas en contact avec Yassine avant mon passage par FC Zurich. Seulement, il est certain que le rendement du “Zidane du monde arabe” et le respect que lui portaient les supporters et les responsables suisses ont été derrière la volonté des dirigeants du club de recruter d’autres joueurs tunisiens. En Europe, avant de recruter, les responsables enquêtent sur tout ce qui concerne le joueur ciblé, en l’occurrence son tempérament, son hygiène de vie, sur toute chose susceptible de compromettre sa future performance au sein du club.

-Considérez-vous que le championnat suisse soit supérieur au nôtre, du point de vue technique et infrastructurel ?

J’estime qu’en Tunisie, notre narcissisme nous empêche d’avancer. Sans l’ombre d’un doute, le championnat suisse est incomparable à notre championnat, et c’est sur tous les plans.

-La date du 09 mars 2013, vous dit-elle quelque chose ? (rires)

Je me suis fixé un défi avec Yassine Chikhaoui de faire un petit pont (ballon entre les jambes de l’adversaire) à Gennaro Gattuso (dans le cadre du championnat suisse, FC Zurich vs FC Bâle), l’un des meilleurs milieux de terrain au monde dans le poste de pivot. Je l’ai fait, et j’ai accouru voir Chikhaoui en lui annonçant que la mission est accomplie. (Rires)

-Toujours dans le cadre du championnat suisse, avez-vous joué contre Mohamed Salah, la star de Liverpool et l’ancien joueur de Bâle?

J’ai joué à plusieurs reprises contre Mohamed Salah et nous avions de très bons rapports. Nous nous sommes rencontrés, aussi, à Rome et il est venu me saluer et nous nous sommes échangés les maillots. C’est un être d’exception de part son humilité, sa politesse et sa courtoisie. Tous ces facteurs additionnés à sa prestation en ligue des champions européenne ont fait de lui un grand champion.

-Que retenez-vous de l’expérience suisse ?

J’ai passé six longues années de ma vie en Suisse, durant lesquelles j’ai appris la discipline, le sens du devoir et de la rigueur. Mes rapports étaient exemplaires avec tout le monde, c’est pour cela que je ne rate aucune occasion pour revenir dans ce beau pays et revoir les gens que j’ai côtoyés, notamment mes amis, qui sont nombreux.

-Nous allons passer, à présent, à votre aventure dans le championnat français à l’AC Ajaccio.

Le FC Ajaccio était entrainé par un grand entraineur qui avait une philosophie particulière puisqu’il préférait faire jouer les mêmes joueurs cadres. Nous avons eu du mal à nous entendre, sans parler de la date de mon transfert qui s’est faite en hiver, ce qui ne vous laisse que très peu de chance pour vous adapter et faire partie de l’équipe type. Bon gré mal gré, je suis passé rapidement à une autre équipe Al Arabi SC du Kuweit. C’est l’un des grands clubs du Kuweit avec Al Qadissia SC et le Kuweit SC. C’était une expérience enrichissante et j’ai laissé une très bonne impression.

-Votre retour à l’ESS était par amour pour votre équipe du cœur ou uniquement pour faire partie de la liste des joueurs qui seront convoqués pour la coupe du monde, Russie 2018 ?

Pendant cette période, j’avais une belle offre du Rapid Vienne que j’ai décliné pour des raisons familiales. Le contrat était prêt et n’attendait que ma signature. Le directeur sportif du Rapid Vienne étant le même que celui du FC Zurich, et dans la mesure où ils voulaient un attaquant avec des spécificités qui me correspondaient parfaitement, il a tout de suite pensé à moi. C’est très flatteur pour moi ! Jusqu’aujourd’hui, j’ai gardé le contact avec ce directeur sportif. Mon retour à l’Etoile du Sahel coïncidait, donc, avec une quête par rapport au poste d’attaquant, sans nier le rapport indéfectible qui me lie à cette équipe. C’est la maison où j’ai grandi et qui incarne ce qu’il y’a de plus cher à mes yeux, les retrouvailles avec mes frères et amis. Le bonheur quoi !

– Votre troisième expérience dans les pays du Golfe avec Al Fayha FC en Arabie Saoudite.

Avec Al Fayha FC, nous avons été entrainés par un Algérien et notre objectif était d’éviter la rétrogradation en deuxième division. Et grâce à dieu, nous avons pu garder notre place avec les clubs d’élite.

-Vous étiez le deuxième Tunisien après Slim Achour à vous engager dans une compagne internationale dans le championnat indien.

J’ai voulu tenter cette expérience après une longue hésitation. En effet, j’ai longtemps réfléchi aux facteurs géographiques. L’Inde est un pays très éloigné, 19 heures de vol. Mais sachant que tout joueur professionnel aime les challenges et les défis sportifs, je me suis lancé dans cette aventure sous la houlette du grand entraineur et ami de José Mourinho, le portugais Jorge Costa (a effectué un passage au CSS). Il a appartenu à l’équipe du FC Porto qui a remporté la ligue des champions d’Europe. C’était lui qui a pris l’initiative de me contacter. C’était, alors, sa première saison avec Mubai FC et il cherchait un attaquant présentant le même profil que moi. J’étais, d’abord, très surpris car je n’ai jamais pensé qu’un jour je jouerais dans le championnat indien. Je n’avais aucune idée sur le pays. Il m’a vivement encouragé, et la réalité a confirmé ses dires puisque j’ai trouvé un peuple généreux, aimable et sérieux aux antipodes de l’image projetée par les films de Bollywood. J’ai découvert, aussi, un pays magnifique avec des sites éblouissants, notamment le mausolée de Taj Mahal, l’une des merveilles du monde.

-Amine Chermiti, en Inde, la viande bovine ne vous a pas manqué ? (Un fou rire)

(Rire) La vache est sacrée en Inde mais ce n’est pas une divinité ! Je n’ai rencontré aucun problème puisque beaucoup de musulmans y vivent. Les mosquées sont partout et la viande Hallal est à votre portée. Au départ, je n’ai pas pu supporter leur nourriture car elle était très épicée, mais avec le temps je me suis adapté. Quant au volet sportif, les responsables et les dirigeants sont très professionnels et l’encadrement était parfait.

-La finale de la ligue des champions africaine 2007 et l’ESS réalise à l’aller un match nul 0-0 contre Al Ahly d’Egypte. Comment vous êtes vous préparés pour le match retour ?

A vrai dire, nous espérions plus faire du tourisme que décrocher la coupe de la ligue des clubs champions devant 80 mille spectateurs. Nous pensions qu’atteindre la finale était déjà une prouesse surtout avec la grande réforme engagée par le président du club Moez Driss. Personne n’a misé sur notre groupe depuis la phase de poules. Nous avions négocié la compétition étape par étape jusqu’à la finale continentale. Mais, nous nous sommes dit pourquoi ne pas tenter le coup, finalement ? Au football tout demeure possible surtout que la Tunisie entière était derrière nous. C’était, vraiment, le titre le plus cher dont tout le pays rêvait, après la coupe d’Afrique des nations 2004.

-Revoyons ensemble le scénario du match retour, à la mi-temps l’ESS devance Al Ahly par un but à zéro. Ce n’est plus du tourisme, apparemment! Vous avez commencé à y croire ? Que s’est-il passé dans les vestiaires et que vous a t-il dit Bertrand Marchand ?

Personnellement, je n’arrivais pas à réaliser ni à écouter ce qui était en train de se passer autour de moi. Je voyais l’entraineur parler aux joueurs mais je ne comprenais rien. J’avais 18 ans et j’étais trop jeune pour pouvoir supporter toute cette pression. Jouer devant 80 mille spectateurs, c’est loin d’être évident même pour respirer, surtout avec l’égalisation de Imed Nahass. Nous étions toujours les champions, mais nous nous disions que nous allions perdre avec un large score. Personne en Tunisie, en Egypte et dans le monde arabe ne pouvait prédire les événements après l’égalisation d’Al Ahly.

-Vient alors le but d’Amine Chermiti et la célèbre réplique devenue culte de Issam Chawali : “Clos le match, fils de la verte Tunisie !”, Al Ahly 1- 2 ESS.

Quand j’ai marqué le but, j’étais certain à 100 % que nous serions champions et que le sacre sera tunisien. Je me suis senti renaitre et ma joie était euphorique, et le but de Moussa Nari a renforcé cette certitude puisqu’il a complètement tué le match. D’autres occasions se présentèrent, devant la résignation d’Al Ahly, notamment celle de Bassem Ben Nassr sur le poteau.

-Comment vous a t-on accueillis à l’aéroport ?

Une marée humaine était à l’aéroport. Nous étions portés sur les épaules d’une foule qui scandait des slogans bienveillants et élogieux. J’ai compris, dès lors, que nos noms étaient inscrits à jamais dans l’histoire de l’ESS et du football tunisien. L’amour des gens est inestimable! Entendre les Tunisiens répéter votre nom avec affection et estime est une sensation qu’aucun lexique ne peut qualifier!

-La coupe du monde des clubs 2007, en trois temps : Le match contre Pachuca du  Mexique.

Après le trophée continental, nous étions confiants en nos moyens et nous voulions faire honneur à la Tunisie et au football tunisien. Nous n’étions pas partis pour faire du tourisme ou de la figuration. Nous avons entamé la compétition par une victoire : ESS 1 – 0 Pachuca (but de Moussa Nari).

-La défaite de la demi-finale contre le Boca Juniors.

C’était une défaite pleine d’amertume et de frustration. Nous avons dominé et créé beaucoup d’occasions de but mais c’est Boca Juniors qui marque contre le cours du jeu. J’ai pleuré de déception car je déteste perdre. Je voulais hisser la bannière de la Tunisie et jouer en finale conte la meilleure équipe d’Europe, le Milan AC de Kaka, Maldini, Nesta, Pato, Seedorf, Dida et Pirlo.

-Urawa Red du Japon, le champion d’Asie et la partie de classement.

Le match contre Urawa Red Diamonds s’est terminé par un nul 2 à 2, et j’ai marqué un but d’anthologie. Tout le monde se rappelle comment j’ai devancé le défenseur, je suis tombé, je me suis relevé pour retomber une autre fois, j’ai dribblé le gardien de but et marqué. Malheureusement, nous avons perdu aux tirs aux buts.

-Etiez-vous satisfaits de votre prestation en coupe du monde des clubs ?

Nous avons donné le meilleur de nous mêmes. Les supporters étoilés et tunisiens étaient enthousiastes et fiers de nous. Je me rappelle qu’ils se levaient, tôt le matin, pour suivre nos matchs. Cela ne peut que témoigner de l’amour que nous portent les tunisiens et de leur gratitude pour nos efforts. Nous aurions, certes, pu mieux faire mais, globalement, nous sommes satisfaits!

– Amine Chermiti, un grand nom sur la scène footballistique nationale et continentale qui était synonyme d’abnégation et de dépassement de soi dans l’effort. Vous étiez, vraiment, la coqueluche des médias nationaux et internationaux et un surdoué qui a forcé les portes du professionnalisme à 19 ans. Ne trouvez-vous pas que c’était un peu précoce ?

J’étais vraiment prêt et je voulais m’ouvrir sur de nouvelles expériences et de nouveaux horizons. Au contraire, je pense que plus l’expérience du professionnalisme international est engagée rapidement, plus votre marge de progression et d’évolution sur le plan humain et sportif sera élevée.

-Amine Chermiti, Yassine Chikhaoui, Youssef Msakni et Oussama Darraji, des noms qui font l’unanimité par rapport à leur génie footballistique. Seulement et malgré leurs prouesses, tout le monde à tendance à croire qu’ils auraient pu briller dans des clubs prestigieux, à l’échelle mondiale.

L’ambition humaine est illimitée et tout joueur rêve de jouer dans les plus grands clubs européens à l’instar du Réal Madrid ou de FC Barcelone. Cependant, nous avons une défaillance au niveau marketing, concernant la sublimation de l’image du footballeur tunisien, contrairement à nos frères algériens et marocains. Un autre paramètre joue contre nous, c’est celui de la discipline. Les grands clubs ne recrutent que les joueurs disciplinés. Or, le joueur tunisien ne jouit pas d’une bonne réputation à ce niveau, vu certaines expériences antérieures. Un autre facteur nous fait défaut, celui des agents de joueurs. L’anarchie gouverne ce secteur puisque nous n’avons pas d’agents sportifs professionnels.

L’interview express

-La première convocation à la sélection nationale.

J’étais avec l’Etoile Sportive du Sahel.

-Le premier but avec la sélection.

Un but de la tête, au stade de Radès.

-Le joueur avec qui vous avez le plus d’affinités à la sélection.

Ammar Jmal.

-Le championnat de Tunisie 2007.

Inoubliable !

-Meilleur joueur tunisien 2007.

La consécration de la période passée avec l’ESS.

-Le titre de la ligue des champions de la CAF.

Un rêve devenu réalité.

-Le premier but dans le championnat tunisien.

Lors de la partie contre l’EOGK (Etoile Olympique la Goulette Kram). Nafkha effectue un tir sur le poteau, je termine l’action et c’est dans les filets.

-Le match contre le Cameroun (Championnat d’Afrique des Nations) et le but le plus rapide.

Un centrage de Khaled Sassi et je conclus de la tête.

-Un joueur avec qui vous auriez aimé jouer.

Lionel Messi.

-Un joueur que vous auriez aimé affronter.

Ammar Jmal.

-Le défenseur le plus dur à négocier.

Le défenseur de la Sélection camerounaise Rigobert Song.

-Le défenseur contre qui vous vous sentez le plus à l’aise.

Ammar Jmal.

-Votre équipe de cœur en Europe.

Le FC Barcelone.

-Le championnat dans lequel vous vous êtes senti le plus à l’aise.

Le championnat suisse.

-L’occasion ratée que vous regrettez le plus.

Contre Bâle (championnat suisse).

-Les supporters tunisiens.

Je respecte tout le monde sans exception.

-Qu’avez vous fait de votre premier salaire.

Je l’ai donné à mes amis du quartier.

-L’équipe qui vous a donné la plus grande rémunération.

Je zappe (rire).

-Un joueur modèle.

Ronaldo, le phénomène.

-Le mythe du football tunisien.

Tarak Dhiab.

-Si vous n’étiez pas footballeur, vous seriez ?

Instituteur.

-Oncle Hédi.

Mon deuxième père ! Je lui voue une affection toute particulière.

-L’objet de votre enfance.

Une vespa de marque CIAO.

-Instagram ou Facebook ?

Instagram.

-Vous répondez aux messages ?

Absolument!

-Envisagez-vous de suivre une carrière d’acteur ?

Si l’occasion se présente, j’y songerais sérieusement… Oui, pourquoi pas ?

 

 L’interview du cœur

-Madame Narjess Turki Chermiti, l’élue du cœur de notre star Amine Chermiti et son épouse, vous êtes la bienvenue sur les pages de notre magazine Dcart.

Merci, bienvenue à vous et à toute l’équipe.

-Vous êtes diplômée de l’IHEC- Carthage.

Effectivement, j’ai fait mes études à l’IHEC-Carthage dans la branche comptabilité.

-Sur votre compte Instagram, vous vous présentez comme directrice artistique de Diar Chermiti (les maisons Chermiti). Voulez-vous nous en dire plus ?

Je suis la directrice artistique de son entreprise de promotion immobilière Diar Chermiti. C’est à dire que je suis responsable de tout ce qui a trait au décor et à la finition. Les choix artistiques et esthétiques s’opèrent selon ma vision et mes aspirations.

-Vous voyagez souvent avec Amine ?

Bien entendu, je l’accompagnais dans tous ses voyages jusqu’à ce que les contrats soient devenus plus courts, chronologiquement parlant, et les pays plus éloignés. J’ai opté, dès lors, pour la stabilité, notamment par rapport à la scolarité des enfants. Mais, je le rejoignais pendant les vacances.

-Le plus beau pays que vous avez visité.

L’inde est un pays éblouissant !

-Votre meilleur souvenir.

La naissance de mes enfants.

-Amine vous fait-il des cadeaux ?

Il m’en fait souvent !

-Le cadeau le plus cher qu’il vous a fait ?

Mes enfants, la prunelle de mes yeux, sont le cadeau inestimable qu’il m’a fait.

-La date de votre mariage ?

Le 12/18/2011.

-Amine nous parait d’une élégance remarquable, c’est vous qui êtes derrière ses choix vestimentaires ?

(Rire) Oui, c’est moi qui m’en occupe.

-Amine vous fait-il des remarques sur votre manière de vous vêtir ?

Il n’a pas besoin de faire ça puisque nous avons les mêmes valeurs.

– L’histoire de l’admiratrice japonaise qui a demandé Amine en mariage, et qui a été relayée par les médias, vous a t-elle dérangée ?

Je me rappelle de cette affaire qui a eu lieu en 2007. Au départ, cela m’a agacée, mais je me suis progressivement adaptée à ce type de situation, considération faite de la célébrité de mon époux qui fait qu’il soit courtisé et admiré. Au delà de tout cela, j’ai une confiance inébranlable en Amine car je sais qui il est, vraiment !

-Etes-vous cordon bleu ?

Je pense que oui ! (rire)

-Le plat préféré de votre mari.

Amine est friand des pâtes.

-Amine vous aide t-il dans les tâches ménagères ?

Il le fait volontairement, dieu le protège !

-Comment avez-vous vécu le confinement ?

Le confinement est une expérience éprouvante au départ mais nous nous y sommes habitués. Nous cuisinons, jouons avec nos enfants, un peu de Tik Tok. Nous avons créé une ambiance familiale, intime et joviale.

-Le nom de votre compte est Narjess Amine Chermiti, qui a entrainé l’autre dans ce divertissement ?

C’est moi ! (rire)

-Souhaiteriez-vous que votre fils devienne footballeur professionnel à l’image de son père ?

Pourquoi pas ! S’il a le don et les aptitudes physiques, à condition qu’il continue ses études. Je ne veux pas le contraindre à emprunter une voie qu’il déteste. Concilier entre les études et le sport de haut niveau est possible, et nous pouvons nous référer au curriculum d’Amine !

-Nous vous laissons le mot de la fin pour clore cette interview passionnante et sincère.

Amine Chermiti: Je voudrais saluer toute personne qui m’a soutenu tout au long de ma carrière. Je leur envoie de gros bisous. Un hommage particulier à ma chère et tendre épouse pour toutes les épreuves qu’elle a dû endurer, pour sa patience et son amour. Dieu la préserve pour moi et pour ses enfants. Elle est, et restera notre ange gardien et notre joie de vivre.

Un message pour les jeunes, il faudrait faire beaucoup de sacrifices pour réussir dans la vie. Le parcours sportif réussi ne peut être accompli sans une assise culturelle et un niveau intellectuel appréciables. Je souhaite à tout le monde plein de succès, sans omettre de remercier l’équipe du magazine Dcart, vous m’avez fait honneur de votre présence. Une dédicace spéciale à Don Amine et à Imen (bisou et signe du cœur).

Narjess Turki Chermiti réplique à Amine: Je ne peux te remercier assez pour ce que tu fais pour moi et pour tes enfants. Puisse dieu te donner la santé et te guider sur la voie du succès et de la félicité. Je te promets un amour éternel et un soutien indéfectible. Je serai, toujours, à tes côtés!

Je voudrais remercier Illyess coiff, spécialement Rahma pour la mise en beauté, sans oublier, évidemment, l’équipe de Dcart magazine (bisou).

L’équipe de Dcart magazine adresse ses compliments les plus distingués à la famille Chermiti pour leur bienveillance et leur générosité, en souhaitant à notre footballeur de cœur bonheur et prospérité!

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